Aven Fermé de Latour-de-France

localisation géographique: 

coordonnées: 

Latitude: 42.77582
Longitude: 2.65603

développement: 

200m

dénivellation: 

140m

I - Historique :

Connu et exploré par les anciens, l’aven était tombé dans l’oubli jusqu’à ce que Daniel reprenne contact avec l’un des explorateurs de l’époque. La clé étant perdue depuis des lustres c’est munie d’une forte pince qu’une équipe de l’ESR en a fait une première visite le 25 avril 2016. Quelques visites se sont succédées notamment pour la pose d’un grillage sur une zone ébouleuse.

II - Situation :

L’aven est situé au nord du village de Latour-de-France mais proche de ce dernier et près de l’Agly et de la D9. Une rude montée de 10 à 15 minutes conduit à la chatière d’entrée de 50 cm de large et d’un peu plus de haut et fermée d’une porte. Cette porte n’est plus cadenassée sauf quand l’aven est équipé.

III - Description :

La chatière d’entrée  donne sur une verticale de 2 m au fond de laquelle on prend pied facilement. S’ensuit un méandre bas qui débouche sur une P6 de 2 m de diamètre. En bas du puits le méandre se prolonge et exige le franchissement de 2 chatières. En sortie de ce goulot tournant la cavité s’agrandit significativement. 3 m de large ou plus, autant de haut, conduisent à un plan incliné dont le sol est grillagé pour éviter le « parpinage ».

Alors commence un puits penché accidenté de près de 60 m. Du fait de l’inclinaison les fractionnements sont nombreux. L’aven, depuis l’entrée, semble effectuer un parcours en tire-bouchon jusqu’à atterrir dans une salle déclive de 4 à 5 m de diamètre. La dénivellation par rapport à l’entrée est à ce niveau de 85 m. Le parcours est parfaitement sec contrairement aux deux branches qui suivent. Pas de concrétions.

De la salle partent, presque opposées, une branche descendante et une branche montante.

La branche descendante orientée NE est constituée d’un vaste plan incliné de 90 m de long nécessitant, en certaines sections, l’utilisation de la corde. Les volumes sont amples, plafond à 3 ou 4 m et autant de large. Pas de concrétions. La dernière section, de plus de 20 m, se parcourt entre deux talus d’argile plastique collant de 80 cm de haut. Une rigole au milieu, ou le rocher à nu, permet de ne pas trop s’engluer. Le fond se resserre soudainement en un boyau vite infranchissable. La dénivellation depuis l’entrée est estimée à 130/140 m ce qui place l’endroit à près de 50 m sous l’Agly.

La branche montante exige le franchissement d’une chatière serrée pour aboutir, après quelques mètres, à la base d’un plan incliné lisse presque vertical de 20 m au moins. Des tiges et spits opportuns en permettent l’escalade. Les volumes sont toujours aussi amples. En haut la pente s’adoucit et s’ouvre sur deux puits jumelés et remontants. L’exploration s’arrête là pour l’instant.

IV - Géologie & Hydrogéologie :

La cavité s'ouvre dans les calcaires dolomitiques jurassiques du Dogger supérieur, sur le flanc sud d'une structure anticlinale orientée est-ouest, plongeant vers l'ouest, et rabotée par l'Agly au niveau de Latour-de-France.

La couche basse d’argile du fond semble résulter de la décantation en période de submersion. La rigole centrale entre les deux talus d’argile témoigne, en absence d’eau, du ruissellement qui creuse la couche et met le rocher à nu. Des « anciens » auraient vu le fond inondé. L’aven, dans les parties explorées, n’est pas concrétionné. La branche descendante, orientée NE, s’éloigne du lit de la rivière. Le fond de la branche se situerait 50 m sous l’Agly.

Ce résultat inattendu impose qu’une vérification soit faite mais il est de toute façon certain que l’on se situe bien en dessous du lit de la rivière.

V - Toponymie :

Vient de la porte cadenassée à l’origine.

VI - Biospéologie :

 

VII - Fiche d'équipement :

Il s’agit d’une proposition indicative car d’autres combinaisons sont possibles.

  • Entrée et P6 : une corde 30 m pour main courante (surtout utile à la remontée) et l’équipement du P6 équipé d’un spit.
  • P60 : compte tenu des nombreux fractionnements une corde 90 m est nécessaire. Les spits sont nombreux y-compris certains très anciens avec plaquettes (prudence).
  • Branche descendante : Pour chacun des deux plans inclinés extrêmes une corde de 40 m est nécessaire. Le plan incliné intermédiaire peut-être parcouru sans assistance. Deux spits sont implantés au début du premier plan incliné dont un au plafond
  • Branche remontante : Récupérer les cordes de la branche descendante. Des tiges acier (rond à béton agressif donc prudence) et des spits ont été posés pour permettre l’escalade.

topographie: