L'ESR au rassemblement Saleich

date de la sortie: 

Samedi, 4 Juillet, 2026

zone géographique: 

participant: 

Yo, Yosh, Hicham
Photos : Yosh et Yo

Direction Saleich en Haute-Garonne, ou le CDSC 31 organise la 4ième édition du rassemblement interdépartemental, au pied du massif de la Coume Ouarnède, du 3 au 5 juillet 2026. Ce rendez-vous nous permettra d’explorer le plus vaste réseau souterrain français avec une température de 7 °C ! Plusieurs cavités emblématiques du massif sont exceptionnellement équipées pour l’occasion.

2 soirées sont organisées, vendredi soir : repas népalais, projection de films spéléo et samedi soir : repas pour les spéléos et soirée dansante

L’édition a rassemblé environ 80 personnes, dont 7 collègues du CAF Perpignan.

Au programme pour nous samedi : 2 traversées (Pierre - Robert Vincent et Mile-Hérétiques), dimanche : traversée Pene-Blanque en sortant par l’ESCC 95

 

Traversée Pierre - Robert Vincent (photo 1)

Départ du parking de la fontaine de l’Ours vers l’entrée du gouffre Pierre après une marche d’approche de 15mn.

Après un léger ramping de 6m, le gouffre s'ouvre par un vertigineux puits de 80 m fractionné, avec de magnifiques volumes (tout ce que l’on aime dans la Coume) photos 2 et 3.

Arrivés au fond, la suite équipée ne nous permet pas d’aller vers le puits du Balcon. Nous progressons vers la sortie côté gouffre Robert-Vincent.

Nous enchainons la remontée, plusieurs puits de 12, 27, 12, 4 et enfin 35m, dont certains assez techniques.

Après un peu moins de 2h, nous refaisons surface (photo 4).

 

Traversée Mile-Hérétiques (photo 5)

Pour la suite, plutôt que de repasser par le parking de la fontaine de l’Ours, d’où part également la piste vers le Mile, nous décidons de prendre un raccourci, guidés par la technologie des montres de randonnées Garmin.

Erreur… Nous avons crapahuté sur presque 2km à travers la forêt, montant des cimes et redescendant dans des dolines, un vrai parcours de forçat avant d’enfin retrouver l’entrée de notre gouffre (photo 6).

Pour la suite, ce ne sera pas mieux…

Guidés par une topo en coupe, qui indique d’un côté le chemin vers le réseau Figaro avec des mentions de profondeurs de puits (ce n’est pas celui que nous devons suivre) et de l’autre côté, le réseau que nous souhaitons emprunter qui mène vers les Hérétiques (mais sans préciser que ce réseau descend aussi), nous nous retrouvons dans le doute total. Que faire, sommes-nous vraiment dans le Mile, n’y a-t-il pas une autre entrée… ? Pourquoi, car la seule suite est un long méandre humide que nous suivons pendant plus d’une heure, mais en descente progressive jusqu’à -100m. (Voir la topo en photo).

Le doute persistant, nous décidons de revenir sur nos pas et sortons après 1h45 de TPST.

Lors du retour vers le parking, nous apercevons une rubalise indiquant « Hérétiques » (là où nous devions sortir) avec des spéléos refaisant surface. Après une rapide enquête, nous étions bien dans le bon réseau, mais encore une fois, la topo nous a induit en erreur comme nous l’ont indiqué d’autres collègues.

Tant pis, nous avons tout de même progressé sur la plus belle partie de ce réseau à travers la rivière souterraine.

Le soir, nous faisons part de nos remarques aux organisateurs, qui ajoutent sur la topo, les indications manquante : -100m en milieu de progression dans le méandre et -200m, tout au bout… Si seulement, nous avons eu cette info avant…

Et enfin, comme quoi nous n’étions pas prédestinés à terminer cette traversée, nous apprenons que certains spéléos dont le groupe que nous avions rencontré au niveau de la sortie, n’ont refait surface que vers 20h suite à 2 secours (un spéléo essoufflé et un autre avec du mauvais matériel qui ont dû être assistés).

 

Traversée Pene-Blanque en sortant par l’ESCC 95 (photo 7), compte-rendu Yo

Pour ce second jour, nous avons choisi cette traversée d’environ 4 h d'après la topo.

La veille au soir, pendant le repas, nous nous étions renseignés auprès des autres spéléologues. Ils étaient tous d'accord sur un point : il fallait être un bon spéléologue, car le Péne Blanque est très piégeux.

Arrivés à 8h15 sur le parking puis départ pour 1h de marche d’approche très physique jusqu'à l’entrée, que nous avons trouvé facilement grâce au fichier GPX fourni par l’organisation.

Nous avons dû suivre le chemin qui s’enfonce dans la forêt, franchir le col de Couenque (200m de dénivelé), prendre un sentier descendant sur l’autre versant (très glissant), et ensuite se diriger vers le porche d'entrée de la grotte qui se situe sur le flanc de la falaise à 8 m de hauteur, une corde en fixe facilite son escalade. De là-haut, la vue est magnifique (photos 8 à 11)

Nous commençons la progression vers 10h, lancés comme des frelons dans l'esprit de finir vers 14h au plus tard. Nous suivons le réseau principal, les cairns de pierre et les chemins de cordes, sans nous poser de questions... jusqu'à ce que nous arrivions dans une impasse. Impossible d'aller plus loin : nous sommes contraints de rebrousser chemin.

Nous étudions alors attentivement la topo pour essayer de comprendre où nous nous trouvons. Nous repérons un plan incliné qui semble correspondre au tracé. Nous l'empruntons. Des cairns et des cordes sont bien présents. Cette fois, c'est sûr, nous avons retrouvé le bon itinéraire.

Nous poursuivons notre progression pendant près de trois heures, en descendant des toboggans de plusieurs dizaines de mètres, quasiment impossibles à remonter. Et soudain... une nouvelle impasse.

La catastrophe !

« Économisez vos lampes ! Rationnez la nourriture ! On est bloqués, il va falloir attendre qu'on vienne nous chercher ! »

Voilà, à peu près, ce que Yo nous a dit... pour rassurer l'équipe !

Finalement, nous parvenons tant bien que mal à remonter grâce à une corde de huit mètres que nous avions emportée par précaution.

Nous nous disons alors : « C'est fini, on rentre. Tant pis pour la traversée. »

Mais, en rebroussant chemin, juste avant de revenir vers l'entrée, entre le premier toboggan et le réseau de cordes, nous apercevons sur notre droite une galerie, marquée par un cairn que nous n'avions pas remarqué à l'aller.

Après une rapide étude de la topographie, tout devient logique. C'est bien par là qu'il fallait passer.

La corde du 1er réseau emprunté aurait dû être marquée en « sens interdit » dans le cadre du rassemblement afin d’éviter d’induire en erreur les spéléos ne connaissant pas la cavité…Aussi simple que ça !

Nous nous y engageons... et bingo ! Tout concorde. Nous apercevons le premier catadioptre : cette fois, plus aucun doute.

Nous poursuivons sans difficulté en passant par la Vieille Grille, la salle de la Casserole, la salle du Dromadaire (majestueuse salle avec des dimensions impressionnantes), et bien d'autres passages, jusqu'à la sortie.

La fin de la traversée est particulièrement technique, puisqu'elle se termine par plusieurs mètres d'étroitures verticales (photos 12 à 17).

Nous retrouvons enfin la lumière du jour à 18 heures, après huit heures passées sous terre.

Une belle aventure, pleine de doutes, de rebondissements... et qui se termine heureusement par la réussite de cette magnifique traversée.

Un grand merci à toute l'équipe !